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"La víctima del abolicionismo de la prostitución es diferente, entre otras razones, porque para el abolicionismo de la prostitución sobre las que se proyecta su acción "salvadora" son un mero instrumento o intermediario al que deshumaniza so pretexto de que el objetivo abolicionista es atacar la esencia misma de la comunidad, para obtener su destrucción y su sustitución por la estructura social y política que la ideología abolicionista quiere"
Montse Neira


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lunes 16 de enero de 2012

Esconded a esas putas que no queréis ver...¡para exterminarlas mejor!

http://leplus.nouvelobs.com/contribution/229802-cachez-ces-putes-que-vous-ne-sauriez-voir-pour-mieux-les-exterminer.html

LE PLUS. Pourquoi pénaliser les clients des prostituées ? Certains députés le souhaitent. Pourtant, selon Peggy Sastre, auteur de "No Sex" et "Ex utero", cela risque surtout de rendre plus difficiles les conditions de travail de ces femmes.
Dans le port de Constance, il y a une drôle de statue. Gigantesque, mouvante, gironde, c'est l'Imperia de Peter Lenk, la courtisane italienne – croisée aussi chez Balzac ou Gautier – qui tient entre ses mains un pape et un empereur, deux bouffons ridicules, minuscules et nus comme des vers.
Au moment de son inauguration, en 1993, le sculpteur fit sa petite sensation en célébrant ainsi le Concile de Constance par la "petite porte", et préférant la figure d'une pute à d'autres plus respectables et moins anachroniques. Mais aujourd'hui, Imperia est parfaitement intégrée dans le paysage : la statue est devenue l'un des monuments les plus célèbres de la ville et celui que les touristes photographient le plus. Un peu émoustillés, sans doute, par la portée sulfureuse de son sujet.
En tournant, moi aussi, autour de cette statue, je me suis encore une fois demandé quel était le problème avec les putes. Pourquoi n'est-il pas possible, par exemple, de mentionner le sujet sans qu'une armada d'émotions se mette en branle et transforme la plus paisible des assemblées en brochure détaillée sur l'hystérie collective ?
Pousser les prostituées sous le tapis
Qu'est-ce que la prostitution peut bien invoquer de si grave, de si déshonorant, de si scandaleux ? Qu'est-ce qui pousse un Laurent Joffrin, directeur de la rédaction du "Nouvel Observateur", parce qu'il s'est fait prendre la main dans le sac sur un plateau de télévision, à supprimer les annonces "roses" de son hebdomadaire ? Qu'est-ce qui incite des représentants des forces de l'ordre à vouloir fermer un établissement comme le club échangiste les Chandelles ?
Pourquoi certaines personnes, représentant apparemment (et je sais bien qu'il ne faut pas se fier aux apparences) un prétendu consensus, s'acharnent, encore et toujours, à réitérer les mêmes erreurs, à faire circuler les mêmes demi-vérités et à s'envelopper dans les meilleurs sentiments du monde, pour éviter de parler de la réalité ?
La réalité, c'est que tout ce que la prohibition et la réglementation de la prostitution arrivent et arriveront à faire, c'est pousser les putes sous le tapis – les cacher, dans un premier cas, dans les bras de "protecteurs" suffisamment puissants pour leur permettre de "vivre" en hors-la-loi (n'y a-t-il un proverbe qui dit que la seule force des lois, c'est d'arriver à créer des moyens de les contourner ?) et, dans un second cas, à l'abri de structures où la conscience et le progressisme sont peut-être tranquilles, mais où les putes sont infantilisées et tyrannisées. Et que, un jour ou l'autre, tout ce petit monde se mettra à sentir affreusement et à nous faire prendre conscience que les solutions choisies n'étaient pas les bonnes.
Car rien de tout cela n'arrangera les violences dont les putes sont victimes. Rien de tout cela ne fera disparaître la traite, les réseaux, l'abattage. Rien de tout cela n'aura d'"impact direct sur l'égalité des sexes" (j'ai envie d'oser un "lol") et ne poussera ceux qui ont la possibilité de le faire à ne plus vouloir payer pour du cul. Ce n'est pas une prédiction ou un pari sur l'avenir, c'est un fait.
Un problème d'ordre moral
Des fois, je dois bien admettre que tout cela me fatigue au plus haut point. Que de temps en temps, j'ai le mal de mer à force de tourner ces "questions"dans mon esprit – le terme est encore mal choisi, il n'y a pas tant des questions qu'une vérité à laquelle peu de gens ont envie de faire face – pour essayer de les comprendre ou, à défaut, de les centrifuger en-dehors de ma cervelle. Avec cette envie de baisser les bras et de me satisfaire d'un confort où, en effet, je n'ai pas finalement choisi la prostitution comme source principale de revenus. Alors, à quoi bon, même de loin, se mettre les mains dans le cambouis ? Qu'est-ce que ça peut me faire, à moi, qu'on entende exterminer les putes comme d'autres ont massacré un oiseau trop peu farouche ? C'est une question de sélection naturelle, après tout...
Désolée, non, je ne peux toujours pas m'en satisfaire. Car la vérité que d'aucuns ont peine à voir, c'est qu'il suffirait tout simplement de décriminaliser la prostitution pour que la situation s'améliore. En d'autres termes, laisser les putes faire leur travail, et faire en sorte que la prostitution soit un travail comme un autre.
Que les prostituées ne soient plus arrêtées, vilipendées et discriminées ni pour ce qu'elles font, ni pour la manière dont elles le font. Qu’une personne qui pratique n'importe quelle forme de travail du sexe soit considérée de la même façon que si elle effectuait n'importe quel autre type de travail. Que les prostituées aient les mêmes droits et les mêmes devoirs que les autres travailleurs – avec syndicats, conventions collectives, prud'hommes, etc. qui régiraient et protégeraient leur travail, et leur donneraient accès aux mêmes moyens de combattre les abus.
Ainsi, on pourrait voir que le seul (je dis bien le seul) problème de la prostitution est d'ordre moral. Et comme la morale n'a rien à faire dans une démocratie laïque et pluraliste, le plancher sera, pour le coup et pour de bon, facile à débarrasser.
Pour ceux qui auraient envie de voir ce que cela pourrait donner, et vivre quelques heures une parenthèse enchantée où la prostitution n'est ni dégradante, ni oppressive, ni tortionnaire, mais à la fois tendre, drôle, fragile, compatissante, lyrique et, il est vrai, un tantinet rébarbative (mais c'est aussi le but), dépêchez-vous d'aller voir la pièce "Clients", une merveilleuse mise en scène des encore plus merveilleux mots de Grisélidis Réal, cette péripatéticienne reposant aujourd'hui dans un cimetière de rois.

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¿Por qué penalizar a los clientes de las prostitutas ? Algunos diputados lo desean. Sin embargo, según Peggy Sastre, autora de « No Sex » y « Ex utero », esto amenaza, sobre todo, con hacer más difíciles las condiciones de trabajo de estas mujeres.

> Par Peggy Sastre sexe, science et al.
Edité et parrainé par Melissa Bounoua

En el puerto de Constanza hay una estatua sorprendente. Gigantesca, movible, giratoria, es la Imperia de Peter Lenk, la cortesana italiana –sacada también de Balzac o Gautier— que sostiene en sus manos un papa y un emperador, dos bufones ridículos, minúsculos y desnudos como gusanos.
En el momento de su inauguración, en 1993, el escultor hizo sensación al celebrar así el Concilio de Constanza  « por la puerta de atrás », prefiriendo la figura de una puta a otras más respetables y menos anacrónicas. Pero, hoy , Imperia está perfectamente integrada en el paisaje : la esttua se ha convertido en uno de los monumentos más célebres de la ciudad y el más fotografiado por los turistas. Un poco excitados, sin duda, por el aspecto sulfuroso de su protagonista.
 Paseando, yo también, alrededor de esta estatua, me he preguntado una vez más cuál será el problema con las putas. ¿Por qué no es posible, por ejemplo, mencionar el tema sin que se revuelva un tumulto de emociones y se transforme la más apacible de las asambleas en folleto detallado de la histeria colectiva ?

Barrer a las prostitutas bajo la alfombra
¿Qué es lo que puede tener la prostitución tan grave, tan deshonrante, tan escandaloso ? ¿Qué es lo que mueve a un Laurent Joffrin, director de la redacción del « Nouvel Observateur » (...), a suprimir los anuncios « rosas » de su semanario ? ¿Qué es lo que incita a las fuerzas del orden a querer cerrar un establecimiento como el club de intercambios Les Chandelles ?
¿Por qué algunas personas, representando en apariencia (y yo sé bien que no hay que fiarse de las apariencias) un pretendido consenso, se empeñan, una y otra vez, en reiterar los mismos errores, en hacer circular las mismas verdades a medias y en envolverse con los mejores sentimientos del mundo, para evitar hablar de la realidad ?
La realidad es que todo lo que la prohibición y la reglamentación  de la prostitución consiguen y conseguirán hacer, es barrer a las putas bajo la alfombra —esconderlas, en un primer caso, en los brazos de « protectores » suficientemente poderosos como para permitirles « vivir » fuera de la ley (...) y, en un segundo caso, al abrigo de estructuras en las que la conciencia y el progresismo están, quizá, más tranquilos, pero donde las putas son infantilizadas y tiranizadas.Y que, uno u otro día, todo ese tinglado comenzará a apestar horriblemente y a hacernos tomar conciencia de que las soluciones elegidas no eran las buenas.
Porque nada de todo esto solucionará las violencias de las que las putas son víctimas. Nada de todo esto hará desaparecer la trata, las redes, la matanza. Nada de todo esto tendrá un impacto directo sobre la igualdad de los sexos ni obligará a los que tienen la posibilidad de hacerlo a dejar de querer pagar por sexo. Esto no es una predicción o una apuesta sobre el porvenir : es un hecho.

Un problema de orden moral
Debo admitir que todo esto me cansa a veces sobremanera. Que, de vez en cuando, me mareo a fuerza de dar vueltas en mi mente a estas « cuestiones » (...) para intentar comprenderlas o, en su defecto, para centrifugarlas fuera de mi cerebro. Con ganas de bajar los brazos y conformarme con la comodidad de saber que, en efecto, yo no he elegido, al fin y al cabo, la prostitución como fuente principal de ingresos. Entonces, ¿por qué mancharme las manos, aunque sea de lejos ? ¿Qué me importa a mí que algunos intenten exterminar a las putas como otros han masacrado alguna especie poco fiera ? Es una cuestión de selección natural, al fin y al cabo...
Lo siento, pero no, no puedo darme por satisfecha de esa manera. Porque la verdad que algunos no quieren ver es que bastaría sencillamente con despenalizar la prostitución para que mejorara la situación. En otras palabras, dejar a las putas hacer su trabajo, y hacer de forma que la prostitución sea un trabajo como cualquier otro.
Que las prostitutas dejen de ser detenidas, vilipendiadas y discriminadas ni por lo que hacen ni por la manera como lo hacen. Que una persona que practique cualquier forma de trabajo sexual sea considerada de la misma manera que si realizara cualquier otro tipo de trabajo. Que las prostitutas tengan los mismos derechos y los mismos deberes que los demás trabajadores —con sindicatos, convenciones, representantes, etc, que regirían y protegerían su trabajo y les daría acceso a los mismos medios para combatir los abusos.
De esa manera, se podría ver que el único (digo bien, el único) problema de la prostitución es de orden moral. Y como la moral no tiene nada que hacer en una democracia laica y pluralista, el terreno será, de golpe y porrazo, fácil de despejar.
Para los que deseen ver lo que esto podría significar y vivir durante algunas horas un paréntesis encantado en el que la prostitución no sea ni degradante, ni opresiva, ni coactiva, sino, a la vez, tierna, divertida, frágil, compasiva, lírica y, cierto, un tanto ingrata (pero es también lo que se quiere), apresuraos a ir a ver la obra « Clientes », una maravillosa puesta en escena de las aún más maravillosas palabras de Grisélidis Réal, esa peripatética que reposa hoy en un cementerio de reyes.

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